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Huile de palme: des multinationales profitent du travail d'enfants


Que reproche-t-on à l'huile de palme? Ce mercredi, Amnesty International publie un rapport dans lequel elle dénonce également le travail des enfants.

Si des grandes multinationales telles que Nestlé ou encore Colgate attestent que leurs produits sont composés d'huile de palme durable (qui protège la déforestation), Amnesty souligne qu'il n'y a "rien de durable dans l'huile de palme produite en faisant travailler des enfants et en ayant recours à des travaux forcés". De nombreuses atteintes aux droits humains ont été constatés dans ces plantations, notamment le travail d'enfants âgés de 8 ans pour les plus jeunes, qui sont parfois contraints d'abandonner l'école.

"Les grands groupes comme Colgate, Nestlé et Unilever assurent aux consommateurs que leurs produits emploient de l' "huile de palme durable", mais nos conclusions révèlent que ce n'est absolument pas le cas". "Il n'est pas normal que neuf sociétés réalisant ensemble un chiffre d'affaires de 325 milliards de dollars en 2015 soient incapables d'agir face au traitement épouvantable d'ouvriers de l'huile de palme qui gagnent une misère".

Pour établir son rapport intitulé Le grand scandale de l'huile de palme : des abus en matière de travail derrière des grandes marques, l'ONG indique s'être entretenue avec 120 travailleurs employés dans des plantations de palmiers à huile appartenant à deux filiales du géant singapourien des matières premières agricoles Wilmar, et trois fournisseurs de cette société à Kalimantan et Sumatra, deux régions d'Indonésie qui produisent de grandes quantités de cette huile végétale.

Amnesty International va mener campagne pour demander aux entreprises de préciser si l'huile de palme présente dans des produits courants tels que les glaces Magnum, les dentifrices Colgate, les produits cosmétiques Dove, les soupes Knorr, les confiseries KitKat, les shampooings Pantene, les lessives Ariel et les nouilles instantanées Pot Noodle est issue des activités de Wilmar en Indonésie.

Wilmar a reconnu qu'il y avait des problèmes concernant la main-d'oeuvre dans ses opérations, mais d'autres sociétés contactées par Amnesty ont nié toute violation, affirme l'ONG.

"J'aide mon père tous les jours depuis environ deux ans", explique un adolescent à Amnesty International. Certains portent des sacs pesant entre 12 à 25 kilos et ne disposent pas d'équipement de protections malgré l'utilisation de pesticides.

Outre leur grande précarité, les travailleurs des plantations Wilmar mettent aussi leur santé en danger.

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