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C'est la grève générale illimitée — Guyane


Après l'affluence décevante de lundi, premier jour de "grève générale illimitée", les manifestations de la "journée morte" relèvent du plébiscite pour l'Union des travailleurs guyanais (UTG), dont les 37 syndicats membres ont voté à la quasi-unanimité en faveur de l'arrêt du travail. Entre 8.000 et 10.000 manifestants ont été comptabilisés par la préfecture à Cayenne et entre 3.500 et 4.000 à Saint-Laurent-du-Maroni, les deux plus grandes villes guyanaises.

Si le drapeau indépendantiste vert, jaune et rouge était omniprésent lundi à Cayenne et les banderoles "nous bon ké sa" - "ça suffit" en créole guyanais - se voyaient partout sur le territoire, les foules ne s'étaient pas déplacées pour marquer leur soutien.

"C'est la plus grosse manifestation jamais organisée en Guyane ", a commenté la préfecture de région mardi 28 mars.

40 % de chômage chez les moins de 25 ans, déscolarisation, vie chère, insécurité (42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants), système de santé endetté, à bout de souffle... les Guyanais qui occupent pour près de la moitié d'entre eux (44%) un poste de fonctionnaire, soit le double de la moyenne en métropole, et qui dépendent de ce fait plus encore de l'Etat, exigent désormais d'être "entendus".

La mobilisation était timide pour le démarrage de la "grève générale illimitée" lundi en Guyane, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve a annoncé la venue de ministres "avant la fin de semaine", répondant à l'une des revendications des acteurs sociaux.

Bernard Cazeneuve a eu lundi soir l'évêque de Guyane, Emmanuel Lafont, au téléphone pour "lui faire passer des messages d'apaisement", a-t-on appris à Matignon. Le Premier ministre a assuré qu'une délégation de ministres "sera sur place avant la fin de la semaine". Le collectif des protestataires "Pou La Gwiyann dékolé" ("pour que la Guyane décolle"), qui regroupe aussi bien des collectifs contre la délinquance et pour l'amélioration de l'offre de soins, que l'UTG ou les avocats guyanais s'en est trouvé renforcé, alors qu'il avait refusé de rencontrer la délégation interministérielle arrivée samedi, préférant attendre des discussions au niveau ministériel.

Les solutions aux problèmes que connaît la Guyane ne se construiront pas dans le désordre ni hors du cadre républicain.

Affaire Le Roux : le ministre de l'Intérieur démissionne, Mathias Fekl le remplace
Après Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Bruno Le Roux , Mathias Fekl est le 4e ministre de l'intérieur du quinquennat Hollande. Au moment de quitter Beauvau, Bruno Le Roux a salué " le travail des forces de l'ordre dans un climat particulièrement dur.

De son côté, l'ancienne garde des Sceaux, la Guyanaise Christiane Taubira, a appelé mardi au "dialogue" avec une "plus grande implication des élus locaux".

"Il ne s'agit pas d'avoir peur de se rendre sur place mais on n'a pas un climat serein avec des hommes cagoulés qui font fermer les commerces", a souligné une source gouvernementale.

"La Guyane est un territoire de la République française, et dans la République chaque citoyen doit pouvoir bénéficier du soutien et de la solidarité de l'Etat", a dit Bernard Cazeneuve. La ministre des Outre-mer a reconnu que " la situation est tendue " en Guyane. Le préfet Jean-François Cordet, qui la pilote, a fait état de "premiers résultats", tels que "la fidélisation d'un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne".

La mission interministérielle envoyée samedi en Guyane a multiplié dimanche les annonces visant à désamorcer le mouvement social qui paralyse le territoire ultramarin.

Il y a "un vrai stress sur l'insécurité".

A quatre semaines du premier tour de la présidentielle, la ministre des Outre-mer a défendu le bilan du gouvernement face aux critiques de certains candidats.

Marine Le Pen (FN) a fustigé le "service cruellement minimum" du gouvernement en Guyane.

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