Tanitnews

"Je choisis de ne pas exposer" le gouvernement et Macron — Bayrou


Le point commun entre les départs de Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou?

Formée après les élections législatives qui ont doté dimanche le président centriste d'une majorité parlementaire très confortable, la nouvelle équipe présentée est plus étoffée que la précédente, avec 30 membres contre 23 précédemment. Au départ, qualifié par l'exécutif de "remaniement technique", c'est en réalité un vrai ajustement de la part du Président de la République.

Sans surprise, les ministres de l'Intérieur (Gérard Collomb), des Affaires étrangères et de l'Europe (Jean-Yves Le Drian) et de l'Économie (Bruno Le Maire), considérés comme des poids lourds du gouvernement, ont été maintenus à leur poste.

Le deuxième gouvernement composé par Edouard Philippe, lui-même issu de la droite, devrait "être équilibré" et se composer "de gens qui viennent de la droite, de la gauche, du centre, des gens dont la légitimité ne résulte pas d'un engagement partisan", avait promis le Premier ministre.

Un autre ministre proche du président Macron, l'ancien socialiste Richard Ferrand, pour sa part mis en cause par la justice dans une affaire de favoritisme présumé, a lui aussi été écarté. En haut de l'affiche, la juriste marquée à gauche Nicole Belloubet est nommée ministre de la Justice, à la place de François Bayrou, démissionnaire. Leur parti est visé par une enquête préliminaire sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen.

L'affaire est d'autant plus embarrassante que M. Bayrou a piloté un projet de loi qu'il a présenté la semaine dernière sur la moralisation de la vie publique, un des chantiers prioritaires du chef de l'État après une campagne présidentielle entachée par les affaires.

64% des Français satisfaits d'Emmanuel Macron
Dix pour cent des sondés se disent "très satisfaits" du chef d'Etat, en baisse de 2% comparés aux données de mai. En septembre 2014, il était descendu à 13% de personnes satifsaites.

" Les Français ont indiqué beaucoup plus fermement que ce qui prévalait jusqu'alors qu'ils souhaitaient ne pas être embarrassés par le soupçon, ne pas être embarrassés par la tonalité des "affaires" ", a dit le premier ministre, interrogé sur la volonté de quatre ministres sortants de ne pas être au nouveau gouvernement en raison des enquêtes.

Avant cette annonce, la journée avait été rythmée par les départs de deux piliers du MoDem, François Bayrou et Marielle de Sarnez, qui avaient dit leur souhait de ne pas participer à la nouvelle équipe.

C'est "un choix personnel" qui "simplifie la situation", a réagi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

"M. Macron s'est servi de M. Bayrou pendant la campagne présidentielle et, maintenant qu'il a une majorité sans le MoDem, il le jette comme un vieux torchon", a raillé Marine Le Pen, présidente du parti d'extrême droite Front national (FN), battue par Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux.

En trois jours à peine, 4 ministres du gouvernement Philippe ont été mis sur la touche.

Jeudi matin, le nouveau gouvernement devait se retrouver pour son premier Conseil des ministres avec, à l'ordre du jour, la loi antiterroriste, censée prendre le relais de l'état d'urgence après sa sixième prolongation.

Articles Liés

Commentaires