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Pourquoi une centaine de femmes défendent la "liberté d'importuner" dans une tribune


Si les rédactrices de ce texte, qui suscite beaucoup de réactions indignées sur les réseaux sociaux, débutent en rappelant que "le viol est un crime", elles dénoncent l'apparition d'un "puritanisme": consistant d'après elles à "emprunter, au nom d'un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie".

Parmi les autres signataires de cette tribune, figurent la philosophe Peggy Sastre, auteure de "Ex utero, pour en finir avec le féminisme", la présidente de l'association patronale Ethic Sophie de Menthon, qui avait tenu des propos misogynes à l'égard de Nafissatou Diallo dans l'affaire DSK, ou encore l'écrivaine Abnousse Shalmani, qui avait publié en 2017 un manifeste intitulé "Pourquoi je ne suis plus féministe".

Des hommes ont été "sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses +intimes+ lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque", soutiennent encore les signataires.

Cent femmes issues de la société civile, des arts, des médias, du cinéma, de la littérature ou encore de la netnologie (si si), ont pris la plume pour défendre la " liberté d'importuner " et mettre en garde contre le " puritanisme " et la " vague purificatoire " qui menaceraient de détruire la masculinité après le déferlement du mouvement #BalanceTonPorc.

"Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", concluent-elles.

KARIM SAHIB
La cinglante réponse des féministes aux signataires de la tribune "Deneuve"

"Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n'est pas monolithe: une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme, sans être une 'salope' ni une vile complice du patriarcat".

"En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité", écrivent encore ces femmes, qui disent défendre "une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle". "Les femmes ne sont pas cela", clame-t-elle. "Elle peut même l'envisager comme l'expression d'une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement". Dans un tweet, l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol regrette "cette étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes".

En mars, Catherine Deneuve avait apporté son soutien à Roman Polanski, accusé d'agressions sexuelles.

Catherine Deneuve compte parmi les 100 signataires d'une tribune publiée dans Le Monde, qui s'inquiète avec émotion des dangers que font courir les féministes aux harceleurs de tout poil.

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