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Racisme : le mea culpa du magazine " National Geographic "


Cent trente ans après la parution du premier numéro en 1888, le magazine s'est donc plongé dans l'analyse de la représentation des personnes de couleur, à travers ses photographies et ses textes.

A cette occasion, la rédaction a décidé de réaliser une introspection sur ses articles, régulièrement consacrés à la géographie, les sciences, l'histoire, l'archéologie... Dans un éditorial publié lundi dans le cadre de son édition américaine d'avril 2018 consacrée au concept de "races", le célèbre mensuel, qui existe depuis 1888, reconnaît que "pendant des décennies, nos reportages étaient racistes".

Pour cela, le National Geographic a demandé à l'historien John Edwin Mason (professeur à l'université de Virginie spécialisé dans l'Histoire de la photographie et de l'Histoire de l'Afrique), de se pencher sur toutes les archives du mensuel.

Et il en publie les résultats: "Jusque dans les années 1970, National Geographic ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux Etats-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d'ouvriers ou de domestiques". Sous plusieurs photos d'Aborigènes, dont celle en tête d'article, on pouvait y lire cette légende: "Deux Noirs sud-Australiens: ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains".

Le secrétaire d'Etat Tillerson limogé, remplacé par Pompeo — Etats-Unis
Tillerson et le ministre de la Défense Jim Mattis face aux faucons de l'administration. " Mike Pompeo , directeur de la CIA, va devenir notre nouveau secrétaire d'Etat".

Le National Geographic en profite pour relever également que dans deux ans, pour la première fois dans l'histoire des États-Unis, moins d'un enfant sur deux sera Blanc et qu'il est donc sans doute temps de parler des conflits basés sur l'idée erronée de " races ". "Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les 'natifs' d'autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de 'sauvages anoblis'". Le chercheur John Edwin Mason fait notamment référence à un reportage troublant sur l'Afrique du Sud dans les années 1960.

" National Geographic n'a pas organisé l'émancipation des préjugés que son autorité aurait permis d'organiser, explique de son côté John Edwin Mason". "Aucune voix de Sud-Africains noirs ne s'élève dans l'article". National Geographic est né au moment où la colonisation était à son apogée, et où le monde était divisé entre colons et colonisés. Cette absence est aussi signifiante que tous les mots imprimés.

Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, un reportage en Australie datant de 1916 a particulièrement choqué les lecteurs et les journalistes de National Geographic. "Les seules personnes noires présentes font des danses exotiques.ou sont des servants et des ouvriers", écrit Mason. "C'est étrange, en fait, de considérer ce que les rédacteurs à l'époque souhaitaient montrer, consciemment ou non".

" Je souhaite que les prochains rédacteurs en chef de National Geographic puissent être fiers de l'histoire de ce magazine, pas seulement pour les reportages que nous aurons décidé de publier mais aussi pour la diversité de journalistes, rédacteurs et photographes qui les portent ", conclu Susan Goldberg.

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