Tanitnews

Pressés par Trump, les alliés réaffirment leur engagement à payer plus


Le premier ministre Justin Trudeau a réussi à éviter, mercredi au sommet de l'OTAN, la mauvaise humeur de Donald Trump, alors que les deux dirigeants se sont rencontrés de manière informelle pour discuter des irritants commerciaux nord-américains. Une méthode qui a porté ses fruits.

Selon Donald Trump, les États-Unis assument " probablement 90 % des dépenses de l'OTAN", une situation injuste qui n'a pas sa raison d'être, dénonce le président. Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l'a interpelé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l'a invité à "mieux considérer" ses alliés "car l'Amérique n'en a pas tant que ça".

En réponse à une question l'interrogeant sur les déclarations de Donald Trump selon lesquelles il fallait augmenter les dépenses pour la défense. "Nous avons besoin de nouvelles augmentations substantielles", a ensuite précisé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. En dépit de l'augmentation promise de 70 % par le gouvernement Trudeau, les dépenses militaires du Canada ne devraient pas atteindre l'équivalent de 2 % du PIB en 2024. Cette rencontre, au premier jour du sommet de l'Otan, fait suite à une charge violente contre l'Allemagne, accusée d'être "prisonnière" de la Russie pour ses approvisionnements en énergie et d'enrichir un pays considéré comme l'ennemi de l'Alliance.

Si les États membres de l'Alliance atlantique se sont engagés en 2014 à investir 2 % du PIB dans la défense d'ici 2024, l'Allemagne atteint aujourd'hui 1,24 % du PIB, elle passerait en 2019 à 1,31 %, et Merkel a proposé le compromis de 1,5 % en 2024.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a exhorté les membres de l'Otan à "ne pas fragiliser" l'Alliance atlantique, avant de s'entretenir à son tour avec Donald Trump.

Trump menace la Chine de nouvelles Taxes, le pétrole corrige — Pétrole WTI
Les deux pays se sont déjà mutuellement imposé la semaine dernière des droits de douane de 25% sur 34 milliards de dollars d'importations annuelles.

"L'Alliance est " très puissante " et " beaucoup plus qu'elle ne l'était voici deux jours ", a-t-il encore dit.

"J'ai expliqué qu'en Allemagne, nous savons que nous devons faire plus et c'est ce que nous faisons depuis un certain temps", a affirmé la chancelière allemande Angela Merkel. Entre l'annexion de l'Ukraine et de la Crimée, les démonstrations de force en Suède, pays partenaire de l'OTAN, ou encore l'intervention de Vladimir Poutine en Syrie: les Européens craignent le pire. "Les membres de l'Otan doivent payer plus, les Etats-Unis doivent payer moins".

Il a assuré qu'il évoquerait avec M. Poutine l'interférence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

"Questionné par les journalistes sur la façon dont il a obtenu ces concessions au lendemain d'une journée marquée par ses attaques répétées contre les pays " qui n'en font pas assez au sein de l'OTAN", Donald Trump a déclaré qu'il serait " très mécontent " s'ils n'augmentaient pas leur engagement de dépenses, laissant planer sans le dire l'éventualité d'un retrait des États-Unis de l'alliance.

Articles Liés

Commentaires