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Suède: les sociaux-démocrates largement en tête aux législatives


Ce n'est pas le succès espéré mais l'extrême droite se retrouve tout de même dans une agréable position en Suède, au lendemain des élections législatives organisées dans le pays: celle de faiseur de roi. Après la quasi-totalité des bulletins dépouillés, le bloc de gauche recueille 40,6% des voix contre 40,3% pour l'alliance de droite.

On s'attendait à des élections catastrophiques pour les partis au pouvoir, les sociaux-démocrates et Les Verts.

Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Mais le paysage politique extrêmement fragmenté de la Suède complique tous les calculs. A l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), les Démocrates de Suède dénoncent l'immigration comme une menace "culturelle" et réclament le renvoi de centaines de milliers de personnes.

Gauche et droite n'ont cohabité qu'à de rares occasions et l'accord, très impopulaire à droite, conclu en 2014 pour faire barrage aux Démocrates et permettre au parti le mieux représenté au parlement de gouverner s'est rapidement effondré. Et il reste à dépouiller le vote des Suédois de l'étranger, souvent favorable à la droite.

Le Premier ministre social-démocrate suédois, Stefan Lofven.

Alors que le Premier ministre social-démocrate présente ces législatives comme un " référendum pour l'Etat-providence", l'extrême droite en a fait un plébiscite contre sa politique migratoire.

Ancien métallo de 61 ans, le Premier ministre et son parti devraient réaliser leur plus mauvais score depuis l'introduction de la proportionnelle en 1911. "Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", a déclaré Stefan Löfven qui, avec les écologistes et le Parti de gauche, possède une avance d'un petit siège sur l'Alliance du centre et de la droite, après dépouillement des votes dans 99,8% des circonscriptions.

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Comme un seul homme, les dirigeants de l'opposition lui ont au même moment exprimé une fin de non-recevoir.

- Discuter avec l'extrême droite?

Il pourrait aussi jouer l'ouverture et inviter libéraux et centristes à la table des négociations, tout en restant, là encore, minoritaire. Les sociaux-démocrates, travaillant en alliance avec, à différents moments, les Modérés, le Parti Vert, le Parti de gauche, les Libéraux et les démocrates-chrétiens, ont supervisé des décennies d'inégalités croissantes et de détérioration des services sociaux, de l'éducation et des soins de santé en particulier.

Pas sûr néanmoins que la mise à l'écart du troisième parti du pays au profit d'une coopération droite/gauche, comme sous le gouvernement précédent, représente une solution viable à long terme.

Ce sont les conservateurs d' Ulf Kristersson, chef de file du parti Modérés, qui lui ont soufflé, mais de justesse.

"Certains évoquent la possibilité d'une nouvelle forme de gouvernement (.) avec des blocs autour de questions politiques spécifiques, ce qui est une nouvelle possibilité et peut-être la seule solution compte tenu de la polarisation actuelle des deux blocs, je ne serais pas surprise si cela se passait", estimait Anna, une chercheuse.

La partie ne s'annonce pas facile: ils auront forcément besoin de voix de l'extrême droite.

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