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Devises & Matières Premières: La Banque centrale turque défie Recep Erdogan


Ils seront libellés en livres turques et leur coût dépendra donc du taux de change entre les deux monnaies.

Alors que le président Recep Tayyip Erdoğan s'oppose depuis des années à des hausses de taux, la banque centrale turque a réaffirmé son indépendance et a assuré qu'elle utiliserait "tous les leviers disponibles pour assurer la stabilité des prix". Une décision saluée par le rebond temporaire de 6% de la livre face au dollar, et de toutes les devises émergentes, de 1,2% en moyenne.

La banque centrale a annoncé dans un communiqué qu'elle relevait son principal taux directeur de 625 points de base, le portant à 24%.

Sur fond de tensions diplomatiques avec Washington et l'effondrement de la monnaie nationale, Recep Tayyip Erdogan a accusé les États-Unis de mener une attaque contre l'économie turque.

Depuis le début de l'année, la devise turque a perdu environ 40% de sa valeur en raison de l'accélération de l'inflation, des doutes sur l'indépendance de la banque centrale et, plus récemment, de l'escalade des tensions entre Washington et Ankara.

Afin de remédier à la situation, de nombreux économistes appellent depuis des mois à une hausse significative des taux d'intérêt de la CBRT.

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Mais celle-ci est sous forte pression du président Erdogan qui prône le maintien de taux d'intérêt bas pour soutenir la croissance à tout prix. "(Mais) la banque centrale est indépendante et prend ses propres décisions", a-t-il encore déclaré jeudi matin à quelques heures de l'annonce.

Lors sa réunion de juillet, elle a laissé, contre toute attente, son taux de prise en pension à une semaine inchangé à 17,75%.

Face à une volonté du président de maintenir la croissance à tout prix, la voie pour sortir de la crise s'annonçait étroite. " La banque centrale a choisi de procéder à un ajustement brutal qui risque de casser la demande intérieure et d' entraîner le pays vers une récession ", explique Thierry Apoteker.

Certains observateurs soulignent que la CBRT procède depuis août à une hausse indirecte de certains taux en imposant par exemple aux banques d'emprunter via les prêts au jour le jour, dont le taux est actuellement à 19,25%, contre 17,75% pour le principal taux d'intérêt.

La hausse de 625 points de base suffira-t-elle à rassurer les marchés?

"La Turquie a besoin de plus que la seule boîte à outils de la politique monétaire pour recentrer son économie sur la croissance à long terme", expliquait-elle à l'AFP.

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