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Pierre Salvadori: "La transmission par la fiction peut être salutaire"


Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux: une comédie portée par des bras cassés, émaillée dun franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Une fantaisie dont Adèle Haenel et Pio Marmaï sont les figures de proue.

La scène d'ouverture nous montre donc Santi (Vincent Elbaz), le flic disparu, alors qu'il vient à bout, avec une facilité déconcertante, d'un groupe de narcotrafiquants, et saute dans sa décapotable pour filer vers de nouvelles aventures. Pire: un innocent, Antoine (Pio Marmaï), a fini en taule à cause de lui. Pas faux, celui-ci. Et qu'il a notamment fait condamner pour braquage un innocent, Antoine (Pio Marmaï), qui croupit depuis huit ans derrière les barreaux. Tout cela, et bien d'autres choses, font de "En liberté!" un bijou.

S'ensuit une série de situations totalement loufoques et de gags à répétition - comme ce tueur en série se promenant avec les restes de ses victimes dans des sacs en plastique au nez et à la barbe des policiers - qui prouvent s'il en était encore besoin à quel point Pierre Salvadori maîtrise à la perfection le sens et le tempo de la comédie réussie. En impro (ré) visant la légende dorée de Santi quelle raconte chaque soir à son fils, Yvonne triture un passé fantasmé en fonction de ses affects du moment, modèle sa narration dune manière vengeresse irrésistible qui nest pas sans évoquer la façon dont François Merlin, pour se venger de ses déconvenues dans la réalité, règle son compte à sa créature de fiction Bob Saint Clar dans Le Magnifique (1973) de Philippe de Broca.

Deux ans de prison pour l'ancien champion du monde Vincenzo Iaquinta
Natif de Crotone, en Calabre, Vincenzo Iaquinta compte 40 sélections en équipe d'Itali. Il était jugé pour détention d'armes à feu et liens avec un groupe mafieux.

Dans un décor très stylisé, le film joue avec les couleurs vives, les masques, les travestissements, les faux ciels étoilés pour insuffler du merveilleux et nous entraîne dans ce grand théâtre d'ombres et de lumière qu'est le cinéma.

On n'attendait pas Adèle Haenel, abonnée aux personnages militants ("120 battements par minute", "Un peuple et son roi") dans un rôle aussi comique. Ils forment un couple de comédie que l'on a hâte de retrouver sur les écrans.

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