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" Gilets jaunes " : Philippe monte en première ligne, Macron phosphore en coulisse


Vendredi, une tentative de dialogue a échoué entre les "Gilets jaunes" et le Premier ministre. Car lundi en début de soirée, une réunion à l'Elysée avait lieu autour du chef de l'Etat, avec le Premier ministre mais aussi des membres du gouvernement, dont le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui a quitté un Eurogroupe à Bruxelles. Enfin la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a demandé lundi l'annulation de la hausse prévue de la taxe sur les carburants, au nom de sa crainte d'une "paralysie de l'économie française". Ce moratoire de plusieurs mois, ou "suspension" dans sa qualification gouvernementale, doit être assorti d'autres mesures d'apaisement.

Ces actes de violence ont-ils changé votre regard sur la mobilisation des " gilets jaunes "?

Le nouveau délégué général de La République en marche Stanislas Guerini a estimé qu'un tel moratoire sur la hausse des taxes serait "sain" et qu'il fallait "apaiser le pays", encore sous le choc des graves violences samedi dernier, notamment à Paris.

Edouard Philippe, à l'hôtel Matignon le 3 décembre 2018.

De son côté, le chef de file des sénateurs Républicains Bruno Retailleau a jugé "absolument insuffisant" le moratoire tout en réclamant "une annulation" pure et simple.

L'Elysée, laissant augurer des annonces rapidement, a rapporté que cette entrevue avait "permis d?échanger sur les réponses à apporter aux mobilisations en cours".

Le Premier ministre Edouard Philippe a entamé un marathon à Matignon, où sont attendus 32 élus - présidents des groupes parlementaires et responsables des partis et forces politiques.

Canada: manifestations de francophones contre le gouvernement d'Ontario
Au menu, suppression de nombreux services en français, du Commissariat aux langues officielles chargé de faire respecter les droits des francophones et surtout d'un projet d'université dans la langue de Molière.

Édouard Philippe s'exprimera donc mardi matin devant le groupe LREM, puis lors de la séance de questions au gouvernement.

À l'exception d'Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, toutes les formations d'opposition avaient plaidé pour un "moratoire " dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant, mot d'ordre initial du mouvement des "gilets jaunes " dont la dernière manifestation samedi a donné lieu à de nombreuses scènes de violence et de guérilla urbaine. D'autres proposent d'appliquer, sur l'année 2019, toutes les mesures sociales promises par Emmanuel Macron et étalées dans le temps.

À droite, Laurent Wauquiez avait de nouveau plaidé pour un référendum, Marine Le Pen et la France insoumise évoqué une dissolution de l'Assemblée, et le PS brandi une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Après les violences du 1er décembre, le président de la République Emmanuel Macron avait demandé à son Premier ministre Edouard Philippe de recevoir les chefs des partis représentés au Parlement, lundi, ainsi que le collectif des " gilets jaunes ". Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, auditionné lundi soir à l'Assemblée, a admis que le maintien de l'ordre devait s'adapter à des manifestants de plus en plus déterminés et mobiles, car "nous avons des doctrines qui ne sont plus adaptées à la réalité".

L'annulation de la réunion prévue mardi après-midi à Matignon avec des "gilets jaunes" n'est pas une surprise, les représentants des "gilets jaunes libres", qui avaient appelé dimanche à une sortie de crise, ayant annoncé dès lundi qu'ils ne se rendraient pas rue de Varenne, notamment pour "raisons de sécurité".

Soutenez-vous toujours les " Gilets Jaunes " après les dégradations et heurts de ce week-end à Paris?

" La réunion d'aujourd'hui à Matignon est annulée, face aux menaces", a déclaré Jacline Mouraud, porte-parole des gilets jaunes, sur le plateau de RMC.

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