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Moins de généralistes, davantage de femmes, toujours plus d’inégalités territoriales — Médecins


À l'heure où les Gilets jaunes manifestent dans toute la France, notamment contre la désertification des territoires ruraux, l'Atlas démographique du Conseil de l'ordre des médecins sonne comme un nouvel avertissement: les inégalités d'accès aux soins se creusent d'année en année. Cette année, avec 217 107 médecins actifs inscrits au tableau de l'Ordre soit une hausse de 0,5 % sur un an, le nombre de praticiens atteint un nouveau record et dépasse celui établi en 2010.

Pour ceux qui ne sont ni retraités, ni remplaçants, la tendance est à la stabilité, avec 198.081 médecins libéraux et salariés en "activité régulière" (+0,1%). Le nombre de spécialistes - dont les professions sont généralement plus rémunératrices - a, lui, continué d'augmenter (+0,4 %). Depuis 2010, la France a ainsi perdu 6,8 % de ses généralistes et selon les projections, elle en perdra autant d'ici à 2025. Par contre, bien qu'un léger rajeunissement des médecins est noté en un an, passant d'une moyenne d'âge de 51,2 ans à 50,8 ans, le renouvellement générationnel n'a pas vraiment lieu: 24 % des omnipraticiens sont âgés de plus de 60 ans contre seulement 21 % en dessous de 40 ans.

A l'inverse, spécialistes et chirurgiens sont de plus en plus nombreux (+4,2% depuis 2010) et leur nombre devrait encore progresser de 3,2% jusqu'en 2025. 47 % d'entre eux le sont, au détriment de l'exercice libéral (42 %) ou mixte (11 %). Dans 11 départements, il y a même une une part majoritaire de femmes au sein des médecins inscrits en activité régulière, en particulier en région Île-de-France.

Sans surprise, les grandes villes s'en sortent le mieux et bénéficient en prime de " l'attractivité des centres hospitalo-universitaires ".

Bruno Lemaire promet de l'appliquer en France dès 2019 — Taxe GAFA
La France , à l'origine de cette proposition, espérait à l'origine faire approuver avant le 31 décembre cette directive. Mais les mesures en ce sens, restent à ce stade timorées.

Paris trône en tête du classement, avec 687,1 médecins pour 100 000 habitants. Tout en bas de l'échelle, on retrouve la Mayenne (167,3), l'Ain (162,4) et l'Eure (154,3).

Dans l'ensemble, " la tendance à la baisse de la densité médicale observée depuis 2010 se confirme ".

"Les " dynamiques " sont toutefois " très contrastées d'un département à l'autre " et " la variation des effectifs [.] confirme le découpage de la France en deux ": "d'une part le littoral Atlantique, le Sud-Est et la plupart des départements disposant d'un CHU; d'autre part " une diagonale de l'intérieur, du sud-ouest au nord-est de l'Hexagone ". La situation est encore plus caricaturale dans la Creuse, où, en un an, seuls deux médecins à diplôme étranger se sont inscrits au tableau.

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