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Un négationniste en gilet jaune… à la Une de Paris Match


Sauf que, l'homme arborant un gilet jaune sur la photo de Une et discutant avec un membre des forces de l'ordre n'est pas un anonyme.

Des "gilets jaunes" devant l'arc de Triomphe, à Paris, le 1er décembre.

Le 24 novembre, le négationniste avait déjà eu sa photo dans Le Figaro, toujours revêtu de son gilet jaune.

"Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi!", s'est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) sur les réseaux sociaux. "Donc je suis forcément antijuif et antisémite". Il s'agit de Hervé Ryssen, militant d'extrême droite notoire.

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Le média ajoute également une autre écurie à la liste: le Amiens SC pourrait lui aussi tenter sa chance dans ce dossier. En effet, deux clubs de Bundesliga, à savoir le Bayer Leverkusen et Stuttgart, aimeraient entrer dans la danse.

En juin dernier, Hervé Ryssen a été condamné à un an de prison pour les messages antisémites qu'il a proférés dans une vidéo YouTube datant du 10 juillet 2010 et intitulée "Les juifs, l'inceste et l'hystérie". "Non seulement il est difficilement reconnaissable car il est de côté et porte une casquette mais il faut vraiment être connaisseur des milieux de l'ultradroite pour l'identifier", ajoute-t-il, reprenant le terme d'"effraction" utilisé sur Twitter par une journaliste du Monde. D'autres condamnations ont été prononcées en 2016 et 2013.

Comment Hervé Lalin, dit "Ryssen", militant antisémite qui se définit lui-même comme racialiste, s'est-il retrouvé en Une de Paris Match ? Régis Le Sommier, directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire, assure à l'Express que la rédaction ne savait pas qui il était: On ne connaissait pas du tout ce personnage, que nous avons pris pour un gilet jaune. On a trouvé que cette couverture était représentative puisqu'il était en discussion avec un CRS... "Les Gilets jaunes charrient tout un tas de personnages et nous ne savions pas qui il était".

Quelques heures après notre conversation, Paris Match a fini par communiquer sur cette méprise, par le biais d'un communiqué sur leur site internet. "Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants", écrit Olivier Royant, le directeur de la publication. Cette image de l'agence Sipa a été choisie par la rédaction pour illustrer son dossier sur le mouvement des "gilets jaunes" et cette "journée explosive". "C'est ainsi que cet individu s'est retrouvé en couverture de notre magazine", poursuit Olivier Royant, rappelant que le magazine du groupe Lagardère combat " sans ambiguïté (...) toutes les formes de racisme et d'antisémitisme ".

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