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Samedi sous tension, des centaines d'interpellations (récit en images) — Gilets jaunes


Une délégation de "gilets jaunes" a été reçue vendredi soir par le premier ministre Édouard Philippe.

Prenant les devants, les forces de l'ordre ont multiplié les contrôles notamment en amont des rassemblements: à 14H00, près de 1.000 personnes avaient été interpellées en France et plus 700 placées en garde à vue, d'après une source policière.

"Nous veillerons à ce que cette journée de samedi puisse se dérouler et se poursuivre dans les meilleures conditions", a-t-il poursuivi.

La France vit la quatrième journée de mobilisation des Gilets jaunes. On y découvre des masques pour se protéger des gaz, des casques pour éviter les coups, des extincteurs.

Des policiers ont investi l'établissement pour empêcher les manifestants de pénétrer dans le magasin par la vitrine brisée et certains tirent des flashballs, selon des journalistes de l'AFP. "On a essayé de s'interposer mais on a été menacé", regrette Laurent, un mécanien de 37 ans.

Le week-end dernier, les images de quartiers huppés de Paris en proie pendant des heures à la guérilla urbaine, avaient stupéfié en France comme à l'étranger et poussé les autorités à revoir leur stratégie de maintien de l'ordre.

Ils étaient venus manifester par milliers et ont crié: "Macron démission".

Le Premier ministre Edouard Philippe s'est félicité de "la bonne préparation des forces de l'ordre" qui étaient fortement mobilisées (89.000 sur le territoire), et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner pense avoir "cassé la dynamique des casseurs".

A Paris, des voitures ont brûlé, des boutiques ont été pillées, mais dans une proportion moindre que le samedi précédent et parfois sous les cris de réprobation de " gilets jaunes ". Dans un tweet, la gendarmerie nationale signalait en milieu de journée que plus de 5 000 personnes avaient été contrôlées sur les axes et péages avec de " nombreuses interpellations d'individus violents porteurs d'objets dangereux ". Cet homme de 36 ans est venu "réclamer plus de justice sociale".

Emmanuel Macron refuse de recevoir les gilets jaunes ce vendredi soir
A Paris, pour la première fois depuis des décennies, l'Etat engagera des "VBRG", ces véhicules blindés à roue de la gendarmerie. Signe des tensions, les grands magasins parisiens seront fermés , du jamais vu pour un samedi précédant les fêtes.

Beaucoup d'entre eux se sont mis à genoux devant les forces de l'ordre sur les Champs-Élysées ce samedi pour marquer une volonté de pacifisme, mais aussi en référence aux 151 jeunes interpellés jeudi à Mantes-la-Jolie, avant d'être dispersés.

Depuis la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la " violence " des autorités françaises. Samedi, 400 personnes ont été arrêtés à Bruxelles lors d'une manifestation de "gilets jaunes". Il a affirmé, sans preuves, que des manifestants scandaient " Nous voulons Trump ".

Nombre de musées, dont celui du Louvre, des grands magasins, la Tour Eiffel ont été fermés à Paris.

Echangeurs bloqués, déviations, sorties obligatoires: le réseau routier et autoroutier français connaissait par ailleurs de nombreux points de perturbations.

Près de 3.000 " gilets jaunes " ont défilé à Nantes, avec des affrontements et des dégradations, 2.000 à Marseille (et 10.000 dans le cortège pour le climat), 600 à Montpellier, 500 à Nice...

"Sur ses pages Facebook, ce leader indique ainsi vouloir se démarquer des casseurs". Selon notre correspondant sur place, un petit mouvement de foule a eu lieu et les gaz ont suffit à disperser les gilets jaunes qui ont alors rejoint les Champs-Elysées.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau évoqué samedi " la dissolution " de l'Assemblée nationale, et assuré que " les trois quarts des revendications sont dans (son) programme. Si depuis le 1er décembre, le gouvernement a fait des concessions, annulant notamment l'augmentation de la taxe sur les carburants, la situation reste très tendue. Depuis la Belgique, la présidente du RN Marine Le Pen a demandé à Emmanuel Macron des "réponses fortes" à la "souffrance" des "gilets jaunes".

L'exécutif craint aussi une extension de la contestation à d'autres secteurs, notamment chez les agriculteurs et dans l'éducation.

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