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Aucune condamnation requise par le parquet — Procès Barbarin


La procureure adjointe Charlotte Trabut n'a requis ce mercredi aucune condamnation.

Le tribunal juge jusqu'à jeudi le primat des Gaules et ses cinq coaccusés pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles du père Bernard Preynat, commises sur des scouts de la région lyonnaise avant 1991. Cette absence de réquisitions est dans la logique du classement sans suite de l'affaire, décidé par le parquet à l'été 2016 après une enquête préliminaire sur les mêmes faits.

Mais tout n'est pas aussi limpide dans cette citation directe complexe.

Après avoir rencontré Alexandre Hezez en 2014, "j'agis à la seconde", lui rétorque l'archevêque de Lyon, qui s'empresse à l'époque de "consulter Rome" sur ces faits "graves mais anciens". L'aumônier, le père Bernard Preynat, lui demande de le suivre dans son bureau: "c'est là que je subis ma première agression sexuelle".

Entré dans la salle du tribunal sous les flashes de dizaines de photographes et caméramans, le cardinal, l'une des principales figures de l'Église catholique française, s'est assis et a semblé se recueillir quelques minutes, mains jointes, avant l'ouverture des débats.

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C'est en tout cas ce que dévoile à nouveau l'étude du CIES sur la valeur des joueurs dans les cinq grands championnats européens. Antoine Griezmann, qui a récemment prolongé son contrat avec l'Atlético Madrid, est le deuxième tricolore de ce classement .

Les parties civiles sont convaincues du contraire: le prêtre a déclaré à la police avoir répondu aux questions du cardinal pendant "une petite heure". Mais ce qui met surtout M. Hezez "en colère", c'est d'apprendre que le cardinal était déjà au courant des agissements passés du père Preynat, alors qu'il pensait les lui avoir appris. En 2014, il s'était d'abord adressé au cardinal pour qu'il écarte le prêtre, toujours au contact d'enfants, mais voyant "que rien ne se passait", l'ancien scout avait écrit au procureur l'année suivante.

"Là, vous êtes effectivement en train d'éviter le scandale public", estime Me Boudot. Les plaignants l'accusaient de complicité - consulté par Mgr Barbarin sur le cas du prêtre en 2015, il conseilla de l'écarter discrètement - dans le cadre d'une omerta institutionnelle: " Tous ont su et n'ont pas dénoncé ". Mais, pour lui qui ne s'était jamais confié avant la révélation publique du scandale en 2016 - y compris auprès de son épouse -, les faits sont prescrits et ne pourront pas être jugés. "Voilà la préoccupation du moment (.) Il ne faut pas que ça sorte; il faut que ça reste entre nous", abonde Me Emmanuelle Haziza.

Pour Me Nadia Debbache, "les mentalités n'ont absolument pas changé dans l'Eglise" depuis la condamnation de l'évêque Pican, en 2001 à Caen, dans un dossier similaire, malgré "toute une batterie de textes" incitant à ne plus fermer les yeux. "Maintenant, il est sur la neuvième chaise", a-t-elle précisé. Le découvrir fut un "choc" pour les plaignants.

"Enfin, Me Chabert regrette qu'on ait " voulu faire le procès de l'Église " et que son client, Pierre Durieux, l'ancien directeur du cabinet, " ne fait pas partie d'un système ".

La défense, qui doit commencer à plaider mercredi en fin de journée, soutient que l'infraction de non-dénonciation n'est pas constituée, dès lors que les victimes étaient en capacité de porter plainte elles-mêmes.

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