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La justice maintient ses deux mises en examen pour viols — Tariq Ramadan


La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a refusé ce jeudi de lever les mises en examen de Tariq Ramadan pour deux viols, qu'il conteste.

Depuis trois mois, l'avancée des investigations menées par les trois juges d'instruction en charge du dossier a été singulièrement ralentie dans l'attente de la décision de la cour d'appel.

En Suisse, Tariq Ramadan est également mis en examen après une plainte pour viol déposée en avril 2018 par une femme d'une cinquantaine d'années surnommée "Brigitte" par la presse. A l'époque, l'intellectuel niait encore tout rapport physique avec les plaignantes.

Mais contraint par l'enquête à changer de version, l'islamologue plaide désormais des relations de domination "consenties". Il avait seulement fini par admettre des relations extraconjugales avec d'anciennes maîtresses et une troisième plaignante, pour laquelle il n'est pas inculpé.

Mi-janvier, la Cour d'appel a donc examiné à huis clos l'appel formé par Tariq Ramadan contre cette décision.

Mais entre-temps, la donne a changé.

Pourquoi le gouvernement fait n'importe quoi — Privatisations
Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait affirmé mardi que l'Etat français conserverait une participation d'"à peu près 20%" dans ADP.

Les faits qui ont valu à l'islamologue, une mise en examen depuis plus d'un an et neuf mois de détention provisoire avant d'être remis en liberté, remontent en effet en 2009 et en 2012.

"Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il défendu lorsqu'il avait reconnu en octobre devant les juges d'instruction une relation consentie avec chacune de ses accusatrices.

Le bras de fer entre les parties tournait autour de l'abondante correspondance sexuelle de Tariq Ramadan avec les deux femmes, qui a fragilisé leur témoignage.

En premier lieu, la datation d'un SMS de Christelle dans lequel elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte" est au coeur des débats. Ils contiennent des propositions sexuelles mais également des reproches de violence et de manipulation.

"Peut-on encore valablement parler de viols quand on a tous ces mensonges explicites des parties civiles avant et après les rencontres et qu'elles disent elles-mêmes qu'elles ont aimé le moment passé?", interroge l'avocat de la défense, Emmanuel Marsigny. Toutes deux ont aussi invoqué l'emprise exercée par l'islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborés par des témoignages d'autres femmes. Il est soumis à un contrôle judiciaire très strict, l'obligeant ainsi à pointer une fois par semaine au commissariat de Saint-Denis et lui interdisant de quitter le territoire français.

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