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Quinze ans après l'effondrement d'un terminal à Roissy, amende maximale pour ADP


C'est la peine maximale qui a été prononcée, ce mercredi, par le Tribunal correctionnel de Bobigny: Aéroports de Paris (ADP) a été condamné à 225.000 euros d'amende pour sa responsabilité dans l'effondrement d'une partie du terminal 2E de l'aéroport de Roissy, le 23 mai 2004. Les trois sous-traitants du gestionnaire du 2e aéroport européen ont également été condamnés à des amendes: 150.000 euros contre le bureau de certification Bureau Veritas, 100.000 euros contre le bureau d'études Ingerop ainsi que le constructeur GTM (filiale de Vinci). Six arcs en béton et quatre passerelles se sont effondrés sur une trentaine de mètres au niveau de la jetée d'embarquement.

"ADP voulait une voûte que l'on avait jamais vue dans le monde, mais le groupe ne s'est pas encadré de toutes les vérifications techniques pour assurer la fiabilité de ce projet", estime Maître Clarisse Serre, l'avocate de la la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, qui s'est portée partie civile. Bureau Veritas aurait dû "attirer l'attention" d'ADP et "formuler des réserves", a-t-il ajouté.

Commutateur de colonne de direction Kostal
C’est la colonne de direction en-dessous du volant qui assure la bonne manœuvrabilité de la voiture. Un système de direction est bien plus complexe, et les automobilistes doivent en être informés.

Les débats avaient mis en lumière les défauts de ce bâtiment à 650 M€ dessiné par l'architecte Paul Andreu, concepteur de l'Opéra de Pékin aujourd'hui décédé. Le tribunal a également condamné les quatre prévenus à des contraventions pour les blessures les moins lourdes (7.500 euros pour ADP, 6.000 euros pour Bureau Veritas et 5.000 euros pour GTM et Ingerop). Lors du réquisitoire, en décembre 2018, le procureur Loïc Pageot avait pointé "la responsabilité" d'ADP, qui aurait "usé et abusé de sa position dominante" sur les trois sociétés sous-traitantes. "On a pensé à l'esthétique, à l'innovation". Ils devront aussi publier des extraits du jugement dans les journaux Le Moniteur et Les Echos. Cent trente millions d'euros ont été nécessaires pour reconstruire une jetée au profil semblable mais entièrement repensée, avec une voûte métallique à la place de l'ancienne structure en béton.

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