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Bayer lance une enquête sur le fichier de Monsanto en France


Le groupe chimique allemand Bayer, propriétaire depuis 2018 de Monsanto, a indiqué vendredi à l'AFP qu'il n'avait "pas connaissance" de fichiers de personnalités commandés par sa filiale et répertoriant leur position sur les pesticides.

" On voit qu'il y a un outil informatique très sophistiqué et qu'il y a beaucoup d'informations ", a poursuivi Ségolène Royal, qui était favorable à l'interdiction du glyphosate.

Désherbant le plus utilisé au monde, le glyphosate est classé "cancérigène probable" depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce fichier de 200 noms de journalistes, politiques, dirigeants d'organisations professionnelles ou scientifiques, précise le quotidien, date de novembre 2016 et provient d'une fuite du cabinet de lobbying et de relations publiques Fleishman-Hillard, "mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du glyphosate". C'est Publicis consulting qui a créé ce fichier " résume 20 Minutes , dans la foulée des révélations de France 2.

Six morts dans une attaque contre une église catholique au Burkina Faso
Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d'origine espagnole, a été tué dans le Centre-Est. Les attaques ciblent régulièrement des responsables religieux, principalement dans le Nord.

Plus inquiétant encore, un autre fichier cible 74 "cibles prioritaires" divisés en quatre groupes aux appellations sans équivoque: les "alliés", les "potentiels alliés à recruter", les personnalités "à éduquer" et celles "à surveiller".

Sur la base de cette liste a été établi un plan d'action personnalisé, avec les loisirs de ces cibles, et pour les "alliés", des propositions de tweets et d'infographie à diffuser, selon la chaîne. Sur France Info, vendredi 10 mai, l'ex-ministre a également appelé à "nettoyer ce système de lobbying parfaitement nocif". Il est commercialisé sous diverses marques, notamment le Roundup. "Nous présentons nos excuses pour ce comportement", écrit Bayer dans un communiqué. De son côté, le groupe Bayer, qui dit avoir rompu son contrat avec Fleishman Hillard, souligne que "ce fichier a été constitué alors que Monsanto n'avait pas été racheté par Bayer", selon Ouest France.

Le Monde, dont les noms de plusieurs journalistes figurent dans ces fichiers, a déclaré l'avoir fait auprès du parquet de Paris, qui a lui-même annoncé l'ouverture d'une enquête, notamment pour "conservation en mémoire informatisée des données à caractère personnel faisant apparaître les opinions politiques et philosophiques d'une personne sans son consentement".

"Nous attendons que toutes les conditions dans lesquelles ces fichiers ont été commandés, réalisés et utilisés soient mises au jour, et c'est dans un deuxième temps que la question de la responsabilité pénale des uns et des autres pourra être analysée et mise en jeu", a réagi auprès de l'AFP François Saint-Pierre, l'avocat du Monde et de son journaliste.

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